Humour: droles de femelles de Djabi-Djabi.
Djabi-Djabi etait un riche eleveur du Tchad. Il vivait dans une de nos contrees inhospitalieres d'antan. Jeune marie', il menait sa vie de nomade en compagnie de son jeune frere Torou-Torou, la vingtaine et sa jeune epouse. En plus du grand troupeau de dromadaires, Sahibi possedait une jument gravide tandis que son jeune frere avait un etalon fougueux. Le cadet de Djabi-Djabi ne cessait de faire des remontrances a' son puine' sur la possession de sa jument.
- Grand-frere, ta jument gravide, a' quoi elle te servira? Si jamais un ennemi nous attaque, elle ne pourra te porter et te permettre de fuir comme mon etalon l'aurait fait a' moi. Hein?
Djabi-Djabi ne repliquait pas. Il resta evasif, voire songeur.
Un soir Djabi-Djabi decida de faire un voyage de quatre jours pour la recherche des provisions. Aussitot apres avoir quitte' son campement il se rendit compte qu'il oublia un de ses moungoulays (grand sac en peau de bovin servant a' transporter des vivres). Il revint sur ses pas et stupefaction: il trouva son epouse et son cadet, endormis l'un dans les bras de l'autre. Subrepticement il delaca les bras enlace's et d'un vif mouvement il egorgea sa femme, sans oser toucher un cheveu de son cadet. Il reprit son voyage comme rien ne s'etait.
Une semaine apres il revint de son voyage et son cadet accourut vers lui, lui annoncant le deces de sa femme. Sahibi resta songeur bien que ses traits etaient tire's et l'amertume le rongeait.
Quelques mois passerent. Un apres-midi une horde de pillards s'abattirent sur le campement de deux freres. Ceux-ci se hisserent sur leurs deux chevaux pour s'echapper, avant d'aller chercher secours. Les pillards, eux aussi en chevaux, se lancerent a' leur trousse, voulant les faire perir. La jument de Djabi-Djabi, en grossesse avancee, galopait avec peine. Elle se laissait rattraper par les chevaux des razzieurs. Torou-torou sur son etalon fougueux, deja a' une longueur de distance, se rendit compte que son aine' etait en situation de detresse. Il tira alors sur les brides et attendit. Lorsque son frere vint a sa hauteur, il l'arracha de la jument et le placa en croupe sur son etalon. Hiaaaah (cri de galop), il donna des coups d'etrier sur les flancs de sa monture male qui sema les poursuivants.
Les deux freres purent ameuter leurs congeneres qui volerent a' leur secours. Les pillards avaient ete' rattrape's et tue's. Les dromadaires avaient eté recuperés.
Sahibi egorgea deux dromadaires aux siens venus a' son secours. Le nangara (tamtam) resonnait, les youlou (you-you) stridents chatouillaient les tympans. Une vraie fete s'empara des vainqueurs.
Au milieu des fetards le cadet de DjabiDjabi decida de se vanter:
- N'eut eté mon fougueux cheval male et ma patience, tu serais pris et zigouillé par les voleurs. D'ailleurs je t'avais maintes fois dit qu'une jument, donc une femelle, ne te sera pas utile. Hein?
Djabi-Djabi, assis sur un coussin, se dressa et se tint sur son seant. Il bomba son torse et decida de repondre a' son jeune frere pour la premiere fois:
- Mon cadet, ne sois pas si pretentieux. J'ai toujours su qu'une femelle n'est rien devant la force et l'audace d'un male qui fait toujours la difference. C'est pourquoi d'ailleurs quand on a trouve' un male et une femelle qui forniquaient, on s'en etait pris a' la femelle, epargnant la vie du male.
Lecon: Ne recoltez pas la deception et la haine d'un homme a' cause d'une femme. L'adage du BET dit: "la nuque d'un homme vaut mieux que la face rayonnante d'une femme".
medecin