Lettre a' Mr. le ministre de l'éducation nationale (V)
Ceci est la 5ieme lettre que je m'adresse au ministère de l'Éducation. J'espère que mes " cris " auront tôt ou tard un ECHO. L'enseignement c'est bien davantage que de faire réciter aux élèves des leçons apprises par cœur. C'est aussi une profession basée sur la communication et les relations humaines. La facilité a' communiquer fait partie des principales aptitudes a' posséder. (En griffonnant cette phrase, je me rappelle de mon prof d'Histoire-Geo Gagara Gayang. Je tire mon chapeau pour lui).
Les enseignants doivent être capables de vulgariser et de se faire comprendre par leurs élèves. L'esprit de synthèse, le sens de l'organisation et la capacité de s'adapter aux différents élèves, y compris ceux qui ont des problèmes de comportement, sont également des incontournables. Il faut que les enseignants aient une attitude d'ouverture et la volonté' d'aider les élèves dans leur apprentissage et leur réussite scolaire. L'un des éléments clés pour parvenir a' entrer en contact avec les jeunes élèves est d'abord de développer une relation de confiance avec eux. Ceci est essentiel pour parvenir a' leur transmettre des connaissances. Pour clore cette partie, les enseignants doivent travailler en équipe. Les professeurs de différentes disciplines sont en effet encouragés a' œuvrer ensemble pour préparer des projets pédagogiques.
Mr. le ministre, on doit changer quelque chose a' ce " foutu " système que l'on dénonce depuis si longtemps. En prônant un simple retour a' la base. Ca ne devrait pas être si compliqué. Comme le Tchad est un pays pétrolier depuis un lustre, nous rêvons d'une école qui répondrait a' nos besoin en tant que collectivité. Un milieu de vie dans lequel on investirait dans notre avenir plutôt que de toujours couper systématiquement et bêtement dans le présent.
Nous rêvons d'une école ou' les enfants pourraient avoir accès a' des bibliothèques ou' la curiosité de tous et chacun serait rassasiée. Avec, bien entendu, des collections régulièrement rafraîchies et des bouquins en bon état. Nous rêvons de gymnases bien équipés et bien entretenus ou' les jeunes pourraient participer a' des activités de groupe dans lesquelles ceux qui éprouvent des difficultés académiques pourraient se reprendre en exploitant d'autres aptitudes qui en mettraient plein la vue a' ceux qui seraient parfois tentés de les regarder de haut.
Nous rêvons d'une école ou' nos profs pourraient se consacrer uniquement a' l'enseignement tout en recevant enfin l'estime qu'ils méritent, en tant que responsables de l'avenir de nos futurs citoyens. En percevant un salaire convenable (250.000fcfa pour commencer) qui tiendrait compte de l'importance de la tache qui leur est confiée. Avec un personnel de soutien compétent qui pourrait enfin les appuyer dans leur travail. Nous rêvons d'une école ou' la direction, bien appuyée par les parents d'élèves, serait appelée a' gérer la réussite de tous, plutôt que d'appliquer des reformes stériles.
Pour terminer, nous rêvons d'une école ou' l'échec existerait tout autant que le succès. (J'ai rate' le BEPCT en 1994. Mais mon préférable oncle Djiddi Hangatta ne m'a pas gronde' pour cet échec. Il m'a plutôt sagement conseille' de recommencer.) Qu'on sache que dans la vie l'Échec et le succès, tous les deux, existent. Nous rêvons que notre future école soit un endroit ou' l'on saluerait le bon travail et ou' l'on corrigerait ce qui fait défaut. Je dis ceci parce que la vie est ainsi faite. C'est aussi parce que tout ne réussit pas toujours du premier coup. Fin des fins, nous rêvons d'une école SIMPLE ou' l'étudiant étudie, ou' l'enseignant enseigne et ou' la direction dirige. Sur ce, je vous quitte en espérant que cette lettre soit utile pour tout le monde.
Veuillez agréer, Mr. le ministre, mes salutations distinguées.
Fraternellement,
Mahadjir.Fils
Amerique du Nord.